Test Realme 8i : notre avis – CNET France

Quelques mois après la sortie de l’excellent realme 8, le constructeur chinois lance une version allégée de son smartphone d’entrée de gamme. Une opportunité de tirer une nouvelle fois les prix vers le bas, mais aussi d’inaugurer l’écran 120 Hz le plus abordable du marché. Un atout qui demandera néanmoins de faire une croix sur la 5G.

Prise en main idéale pour ce téléphone agréable à l’œil

On a rarement été impressionnés par le design et les finitions d’un smartphone d’entrée de gamme. Mais le realme 8i s’en sort avec les honneurs.

 

Concrètement, il faut s’imaginer un realme 8 à peine plus grand — et sans la gravure « dare to leap ». Le smartphone est doté d’un écran de 6,6 pouces, et profite de tranches plates. Son bloc d’appareils photo fera toujours débat pour son inesthétisme, mais on apprécie qu’il ne soit pas trop proéminent et ne crée donc pas d’instabilité quand on pose le smartphone à plat.

 

Présenté ici dans son coloris « Violet spatial », le realme 8i est suffisamment remarquable pour sortir du lot. Nous avons évidemment affaire à un dos (et un châssis) en plastique, mais l’ensemble paraît plutôt solide. L’inconvénient, c’est qu’il est particulièrement sensible aux traces de doigt. Mais nous supposons que tout un chacun profitera de la présence d’une coque de protection en silicone dans la boîte pour habiller son realme 8i au quotidien.

 

Écran LCD et maîtrise des coûts obligent, le capteur d’empreintes digitales déménage sur la tranche droite et s’intègre au bouton d’allumage du smartphone. Rappelons enfin que le smartphone dispose d’un port jack 3.5 mm (en bas, près du haut-parleur), et que son stockage est étirable via carte SD. 

 

Un écran fluide à pas cher

On n’avait encore jamais vu ça. Le realme 8i est le premier smartphone à offrir un écran 120 Hz sous la barre des 200€. Mais est-ce suffisant pour le couvrir de louanges ? Pas nécessairement. Car du côté de la technique, la dalle LCD IPS choisie par realme ne nous donne pas entière satisfaction.

 

Si la luminosité et le contraste sont bons (533 nits et 1323:1), la température est pour ainsi dire glaciale. Le point blanc a été calculé par notre sonde à plus de 7800K, alors qu’on attendait quelque chose autour de 6500K.

 

Au chapitre de la colorimétrie, le realme 8i s’en sort plutôt bien, au demeurant. Il couvre 98% du spectre colorimétrique DCI-P3 et n’affiche qu’une légère dérive sur les rouges avec un delta E mesuré à 3,92.

N’en tenons pas trop rigueur à realme ; l’entrée de gamme n’est certainement pas le segment où s’épanouissent le plus les amateurs de belles images. Néanmoins, on pourra récupérer de biens meilleurs résultats en poussant le curseur de température de l’écran au maximum. Ce faisant, on obtient les mesures suivantes — bien plus agréables à l’œil.

 

En revanche, et même si l’apport des 120 Hz se fait immédiatement ressentir, on pourra regretter un échantillonnage et des performances qui tirent l’impression de fluidité vers le bas. Ainsi même si sa fréquence d’affichage est plus rapide que chez d’autres, il n’est en définitive pas forcément plus agréable à utiliser au jour le jour. Dommage.

Enfin pour celles et ceux qui craignent pour la batterie du smartphone en raison de cette fréquence d’affichage, sachez que le 8i autorise une fréquence « adaptative ». En fonction de l’appli affichée, le taux de rafraîchissement passera automatiquement de 120 à 90 ou 60 Hz. Chose étonnante : lorsqu’on n’utilise pas le smartphone et qu’on le laisse sur l’écran d’accueil, c’est la fréquence de 90 Hz qui est sélectionnée, et qui consomme donc inutilement de l’énergie. 

 

L’inévitable prise jack qui sauve la partie audio

Ce n’est certainement pas sur un smartphone d’entrée de gamme que les audiophiles tomberont en pâmoison. Ceci étant dit, le realme 8i ne fait pas partie des mauvais élèves, même s’il n’est pourvu que d’un seul haut-parleur.

Située en bas du smartphone, cette unique grille envoie un son assez plat, sans fulgurance particulière, qui reste néanmoins très adaptée à de l’écoute de vidéos ou de podcasts. Pour la musique, évidemment, les choses se gâtent en cela que le driver ne rendra jamais justice aux aigus ni aux basses.

Néanmoins, on l’a dit, le realme 8i embarque une prise jack 3.5 mm qui ravira les briscards allergiques au sans-fil. Le smartphone ne dispose en revanche pas d’un DAC particulier, et ne propose donc pas d’écoute haute-définition.

Pour terminer, ce téléphone est compatible Bluetooth 5.1 et prend en charge les codecs audio suivants : SBC, AAC, aptX, aptX HD, aptX Adaptative, aptX TWS+ et LDAC. 

 

Des performances correctes

Bien entendu, il ne faut pas attendre d’un téléphone vendu 200€ d’être un foudre de guerre. Ceci étant dit, la puce Helio G96 du realme 8i fait du bon travail pour nous accompagner au quotidien.

Son processeur huit cœurs est suffisamment véloce pour lancer les applications sans délai. Notre exemplaire de test, équipé de 6 Go de RAM, ne rencontre aucune difficulté à permuter rapidement entre différents programmes. Mais comme nous le disions plus haut, le smartphone souffre d’animations peu travaillées, qui ont du mal à rendre justice à la fréquence de rafraîchissement étendue du téléphone.

Sur les différents benchmarks auxquels nous avons l’habitude de soumettre les mobiles, le realme 8i se classe peu ou prou au même niveau que les realme 8 et realme 8 Pro. En se montrant plus rapide que les Poco M3 et Redmi 10, il s’illustre néanmoins comme l’un des smartphones les plus performants de sa catégorie.

 

AnTuTu, Geekbench et 3D Mark 

Est-ce suffisant pour jouer ? Dans une certaine mesure, oui. Bien sûr, si vous avez l’habitude de jouer à des titres 3D très gourmands, vous serez laissés sur la touche. Genshin Impact, par exemple, peut se lancer avec les graphismes au minimum et en ne dépassant pas les 30 images par seconde. Ce ne sont certainement pas les meilleures conditions pour profiter du jeu de miHoYo, mais retenez que les performances du realme 8i sont largement suffisantes pour lancer des petits jeux aux graphismes modestes.

 

D’autant que le smartphone chauffe très peu, et que son excellente autonomie vous permettra de vous perdre dans vos univers virtuels préférés durant de longues heures. 

Une interface fonctionnelle mais chargée en bloatwares

RealmeUI 2.0, à l’œuvre dans ce realme 8i, est égal à lui-même. Plutôt simple et fonctionnelle, tout en se distinguant d’un simple Android Stock à travers des choix de design assez marqués, cette surcouche offre de nombreuses possibilités de personnalisation.

Aucune fonctionnalité ne manque à l’appel, puisqu’on y trouvera un mode sombre intégral (dont l’intérêt est toutefois réduit en l’absence d’écran AMOLED), la navigation gestuelle, le contrôle parental et les fonctions de « bien être numérique ». Bref rien ne nous manque particulièrement en comparaison d’un smartphone plus haut de gamme.

 

Les plus adeptes du multitâche seront ravis d’apprendre qu’une fonctionnalité de fenêtres flottantes est au menu. Tout comme celle, plus habituelle, de pouvoir fractionner son écran pour afficher deux applis simultanément.

Le realme 8i tourne sous Android 11 et dispose des correctifs de sécurité d’octobre 2021. Il est donc parfaitement à jour, et le restera pendant au moins deux ans (versions majeures et correctifs), conformément à sa politique en la matière.

Le realme 8i est certifié Widevine L1, et peut donc lire sans problème du contenu vidéo HD sur les plateformes de contenu vidéo protégées par DRM.

Là où l’on est plus circonspects, c’est dans le nombre d’applications préinstallées dans le smartphone. Nous en avons dénombré 13, sans compter les innombrables applis Google installées d’office. Facebook, TikTok, WPS Office, Booking… Par chance, toutes sont facilement désinstallables — et pas seulement « désactivables » comme cela est parfois le cas chez Samsung, par exemple. 

 

Des photos de jour très satisfaisantes

Le realme 8i est pourvu d’une configuration photo modeste, forcément. Néanmoins, son le capteur photo principal (un grand-angle de 50 mégapixels d’une taille de 1/2.76″ et dont l’objectif ouvre à ƒ/1.8) est capable de produire de jolis résultats en pleine journée

 

Par temps clair et ensoleillé, les images sont agréables à regarder. Le piqué est même étonnamment bon pour un smartphone si abordable. 

Realme est plutôt parcimonieux en matière de traitement numérique. Le contraste est bien dosé, et le smartphone se retient de pousser la saturation trop loin pour ne pas dénaturer les clichés.

 

Le realme 8i rencontre toutefois quelques difficultés pour exposer parfaitement certaines scènes où la dynamique est forte. Les hautes lumières semblent notamment lui poser problème ; il n’est pas rare qu’elles soient « cramées ». 

 

Notez cependant que les efforts du smartphone en termes de « HDR » sautent facilement aux yeux lorsqu’on opte pour le mode de capture « 50 mégapixels », qui utilise donc la pleine capacité du capteur en réduisant la taille des pixels. Sur cette image, en l’occurrence, on voit bien les efforts qui sont faits pour exposer le bâtiment et réduire l’éclat du nuage.

Nous ne nous étendrons pas sur les capacités du realme 8i en termes de zoom. C’est simple : même si l’interface laisse apparaître un bouton « 2x » et même « 5x », il s’agira simplement de venir rogner l’image pour en grossir le sujet. On y perd donc immédiatement en qualité, au point que le résultat en devient ridicule. À éviter. De manière générale, on peut aussi appuyer que le realme 8i manque de polyvalence. Le realme 8, vendu 30€ plus cher, est déjà plus à l’aise sur ce point grâce à un ultra grand-angle qui permet de varier les plaisirs.

En mode portrait, le smartphone fait toutefois un bon travail pour détourer le sujet et le mettre en valeur. Même les cheveux ne semblent pas lui poser de problème. Le flou d’arrière-plan est par ailleurs plutôt doux, et progressif. Dommage que le module photo avant ne soit pas aussi à l’aise dans l’exercice. 

 

 

De nuit, il ne faut évidemment pas s’attendre à des merveilles du realme 8i. En intérieur, ça passe encore — notamment grâce à un mode nuit qui vient à la rescousse d’un capteur aux capacités limitées. Mais en extérieur, la prise de photos se fait dans la douleur. Le téléphone n’arrive pas à exposer correctement la scène, et laisse logiquement apparaître beaucoup de bruit dans les zones les plus sombres de l’image.

Enfin en vidéo, il faut dire que le realme 8i ne permet de filmer qu’en 1080p à 30 images par seconde au mieux. La qualité de l’image est très loin des standards actuels imposés par le haut de gamme, et la stabilisation est plutôt décevante. En bref, le smartphone de realme n’est certainement pas fait pour ça.  

Une batterie endurante

Comme beaucoup d’autres, le realme 8i table sur une batterie de 5 000 mAh. On ne s’étonne donc pas particulièrement de la grande endurance du produit ; d’autant que son processeur est assez peu gourmand.

Pendant notre temps passé en compagnie du smartphone, nous avons pu tenir 2 journées sans problème. Sur ces captures d’écran est illustrée une session particulièrement agressive afin de constituer un « worst case scenario » de l’autonomie du smartphone. Rares sont les personnes à utiliser leur téléphone pendant plus de 6h sur une journée (la moyenne se situe autour de 3h30). Et pourtant même ce faisant, le realme 8i a mis plus de 24h à s’éteindre. 

 

En revanche, il n’est certainement pas le plus rapide à recharger. Avec le bloc secteur fourni dans la boîte, il faudra attendre plus de 2h20 pour passer d’un téléphone éteint à une batterie rechargée pleinement. En effet la puissance plafonne à 18 W, et vous ne récupérerez que 33% d’autonomie en 30 minutes. Sans surprise, le realme 8i ne supporte pas la recharge sans-fil. 

Concurrence

Le concurrent le plus féroce du realme 8i est le Redmi 10, lancé il y a peu à partir de 179,90€. Le OPPO A16 est aussi un adversaire de choix, tout comme le vivo Y70. Mais, à fiches techniques égales, on aura tendance à préférer le dernier-né de realme. Si vous êtes patients, pensez toutefois à garder un œil en direction du futur Redmi Note 11

Conclusion

Comme d’autres avant lui, realme fait le choix d’une segmentation importante de sa gamme d’appareils. Alors faut-il préférer ce realme 8i au realme 8, lancé il y a quelques mois pour à peine plus cher ? Si vous pouvez vous permettre d’économiser 30€ supplémentaires, nous aurions tendance à répondre par la négative.

Car au-delà de la présence remarquable d’un écran 120 Hz sur un smartphone vendu sous la barre des 200€, le realme 8i accumule les petits désagréments qui, à la longue, pourraient vous faire regretter votre achat. Que ce soit par une navigation parfois un peu lente, par son manque de polyvalence en photo, ou par la lenteur de sa recharge.

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Test Realme 8i : notre avis – CNET France

Hank Gilbert